Comment la politique de cohésion de l’UE peut-elle aider les régions à faible revenu et à faible croissance ?

La Commission européenne a publié en avril 2017 un rapport sur les régions qui accusent un retard en matière de croissance ou de richesse. Le rapport identifie  » les voies à suivre afin de soutenir des stratégies de croissance régionale avec l’aide de fonds de l’UE « . Il examine 47 régions dans huit États membres (dans le Sud et dans l’Est de l’Europe) à faible croissance. Ces régions comptent 83 millions d’habitants, soit un habitant sur six dans l’UE.

Ce rapport identifie cinq raisons principales pour lesquelles certaines régions n’ont pas encore atteint le taux de croissance et le revenu attendus. Les raisons identifiées sont les suivantes :

  1. Le cadre macroéconomique a un impact significatif sur la croissance économique régionale. Les régions à faible croissance sont affectées par une combinaison de la productivité stagnante et de la hausse du coût de la main-d’œuvre, ce qui réduit leurs parts d’exportation.
  2. Les régions qui accusent un retard ont une productivité, un niveau de scolarité et des taux d’emploi plus faibles que les autres régions de leur pays.
  3. Les systèmes d’innovation régionaux sous-développés, les écarts de compétences et la mauvaise qualité institutionnelle sapent le potentiel de croissance des régions à bas revenus.
  4. Les pertes importantes de population dans les régions à faible revenu et surtout l’émigration de la population plus jeune et plus éduquée peuvent limiter leurs perspectives de croissance.
  5. Les investissements publics et privés ont chuté dans ces régions, en particulier dans les régions à faible croissance.

Plusieurs de ces barrières peuvent être pertinentes dans les zones de montagne à faible revenus, comme dans certaines régions des Carpates. Par exemple, plusieurs régions montagneuses ont vu leur population diminuer. Cela signifie que ces régions montagneuses font face à une émigration de jeunes travailleurs qualifiés et ont une capacité limitée à attirer des talents d’autres régions.

Plus important encore, le rapport identifie les besoins d’investissement des régions, à savoir le capital humain, l’innovation, la qualité des institutions, une meilleure accessibilité, ainsi que les outils disponibles dans le cadre de la politique de cohésion de l’UE qui pourrait les soutenir dans le futur. Les éléments sont :

1.   Élaborer et mettre en œuvre des stratégies de spécialisation intelligente.
2.  Réduire les lacunes dans les infrastructures et investir dans l’éducation pour attirer et conserver des ressources humaines de haute qualité
3.   Lier les villes mieux aux régions environnantes.
4.   Investir dans la qualité des institutions et des capacités administratives régionales.
5.   Renforcer le lien entre le semestre européen et la politique de cohésion, y compris en identifiant les conditions nécessaires à l’investissement (conditionnalités).

«Passer au niveau de développement économique suivant ne peut être atteint par une politique unique, mais nécessitera des investissements et des réponses stratégiques différenciés à l’échelle régionale», indique le rapport.
Le rapport conclut en soulignant le rôle clé joué par la Politique de cohésion dans toutes les régions en retard. La politique de cohésion représente une part très élevée de leur investissement public dans la plupart d’entre eux.

Pour plus d’information

  • Le rapport “Compétitivité des régions présentant une croissance faible et des revenus bas (régions accusant un retard)” (disponible uniquement en anglais)
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21 avril 2017