Doubler le nombre de jeunes agriculteurs d’ici 2040 nécessite des mesures audacieuses en matière de foncier agricole, de financement et de services ruraux
L’accès aux terres, au financement et aux services ruraux est un facteur crucial pour le renouvellement générationnel dans l’agriculture. Tel est le message clair qui s’est dégagé d’un séminaire européen sur le renouvellement générationnel organisé par le réseau PAC de l’UE à Bruxelles le 11 mars 2026, intitulé « Garantir le droit de rester aux jeunes agriculteurs et à la jeunesse rurale ». Les discussions ont porté sur la promotion du dialogue, le renforcement des partenariats et le partage de bonnes pratiques afin de répondre aux besoins de la jeunesse rurale et des jeunes agriculteurs.
L’urgence d’une action de l’UE en faveur du renouvellement générationnel
Réunissant plus de 150 participants venus de toute l’Europe, notamment des jeunes agriculteurs, des autorités nationales et régionales ainsi que des acteurs du secteur agricole, cet événement visait à traduire la récente stratégie de la Commission européenne sur le renouvellement générationnel en actions concrètes aux niveaux national et régional.
Gijs Schilthuis, directeur de la durabilité à la DG AGRI de la Commission européenne, a planté le décor en présentant les mesures déjà prises par l’UE pour soutenir le renouvellement générationnel dans l’agriculture. Il a souligné que l’âge moyen des agriculteurs dans l’UE est de 57 ans et que le déclin démographique moyen dans les zones rurales entre 2015 et 2020 a été de 0,1 %, une tendance qui, selon les études, est nettement plus marquée dans les zones de montagne. Ces chiffres soulignent l’urgence de réaliser l’ambition de l’UE de doubler le nombre de jeunes agriculteurs dans l’UE d’ici 2040.
Les priorités d’Euromontana
Le séminaire comprenait des ateliers thématiques sur cinq sujets différents visant à élaborer des recommandations et des mesures concrètes pour la mise en œuvre de la stratégie.
Euromontana a participé à deux ateliers consacrés aux politiques, soulignant l’absence de ressources spécifiques allouées au renouvellement générationnel dans la stratégie récente et la nécessité d’un soutien dédié à l’agriculture de montagne, compte tenu des défis multiples auxquels sont confrontés les jeunes agriculteurs dans ces régions. Si la stratégie recommande d’allouer 6 % des fonds de développement rural dans le cadre des prochains plans de partenariat nationaux et régionaux (au-delà du soutien direct aux revenus agricoles) au renouvellement générationnel (soit le double du chiffre précédent de 3 %), il n’existe toujours pas de consensus clair entre les États membres sur le financement, certains souhaitant y consacrer des montants nettement inférieurs.
Euromontana souligne donc la nécessité d’un engagement fort en faveur du renouvellement générationnel au niveau national et de l’intégration de programmes solides dans la politique agricole commune post-2027, ainsi que d’une coopération renforcée avec les États membres et les régions. De meilleurs conseils et outils de succession, un soutien accru à l’agriculture de montagne et une prise en compte significative des spécificités rurales sont également essentiels dans le cadre d’une approche territoriale du renouvellement générationnel, comme le souligne la position d’Euromontana.
Ce que revendiquent les jeunes agriculteurs
Dans leurs comptes rendus des ateliers sur les politiques, les rapporteurs ont souligné la nécessité de changements audacieux autour de trois grands thèmes : l’accès à la terre, le financement et la vie rurale. En matière foncière, les jeunes agriculteurs ont réclamé une tarification plus équitable, des systèmes de notation favorisant les agriculteurs actifs et les jeunes agriculteurs, ainsi que des outils de financement plus intelligents adaptés aux exploitations familiales, notamment un guichet unique pour l’aide aux jeunes agriculteurs. Concernant la succession, les participants ont souligné l’importance des services de mise en relation et de conseil, tandis que le renforcement des compétences par le biais de formations commerciales officiellement reconnues et la préservation des savoirs agricoles traditionnels ont également été jugés essenties.
