Ovinnova démontre en quoi le pâturage transhumant est bénéfique sur le plan socio-économique

Le déclin de la transhumance – et plus largement de l’élevage ovin et caprin – est un problème courant dans l’Union européenne. Ovinnova se penche sur ces questions dans les zones rurales d’Espagne, en particulier dans les régions montagneuses et pastorales. Le projet développe un modèle commercial et de gestion innovant utilisant des outils numériques, la coordination logistique et la formation afin d’améliorer la compétitivité, de soutenir la biodiversité et d’assurer l’avenir du pastoralisme extensif, notamment en rapprochant les jeunes de cette tradition.

En quoi est-ce une bonne pratique ?

La relance de cette pratique garantit la préservation de plusieurs paysages et habitats essentiels, ainsi qu'une utilisation optimisée des ressources. Comme l'a prouvé le projet, elle représente également une opportunité significative de créer des emplois tout en apportant des avantages socio-économiques et environnementaux dans les montagnes et les zones reculées. Les résultats du projet s'inscrivent dans des stratégies, des structures de gouvernance et des traditions culturelles adaptées au contexte local ; la reproduction de telles initiatives implique une évaluation approfondie des besoins spécifiques du site et des parties prenantes.

Transhumance : un déclin aux conséquences graves

Le Grupo Operativo Ovinnova s’est avéré nécessaire car le pastoralisme transhumant traditionnel en Espagne est en déclin, mettant en péril le patrimoine culturel, les moyens de subsistance ruraux et les services écosystémiques. La dégradation de la biodiversité dans les hautes montagnes et dans de nombreuses zones Natura 2000, due au manque de fertilisation, ainsi que le surpâturage parallèle dans les basses terres, ont encore détérioré l’état des pâturages.   

La transhumance a souffert d’une faible compétitivité et d’un abandon dû aux pressions économiques et à l’absence d’un modèle économique viable. Malgré l’apport remarquable de biens et de services à la société (de l’approvisionnement à la régulation, de la gestion des risques d’incendies de forêt à la promotion du tourisme naturel), elle ne bénéficie pas de la reconnaissance ni de la rémunération qu’elle mérite. La forte intensité et la faible rentabilité de cette pratique constituent un défi pour la prochaine génération d’agriculteurs, encore exacerbé par les tendances au dépeuplement constant et au déclin du prestige de la profession de berger. 

Une approche à 360° pour relancer cette pratique

Les activités ont couvert différentes régions d’Andalousie, de Castille-et-León et d’Estrémadure, notamment : 

  • La création d’un centre de gestion, avec un soutien à la coordination et un véhicule pour aider les bergers sur le terrain, ainsi qu’une plateforme de gestion de la transhumance avec des informations sur les pâturages, les spécifications techniques, les conditions sanitaires et des outils de soutien à la commercialisation. 
  • L’amélioration des procédures administratives et logistiques sur le terrain (approvisionnement alimentaire, couverture mobile et Internet) pour aider les bergers et les troupeaux. 
  • L’identification des bergers intéressés, la définition des protocoles de déplacement des dehesas du sud vers les pâturages d’été du nord, la programmation logistique, l’évaluation des coûts et l’étude de la certification des pâturages et des produits issues de transhumance. 
  • Évaluation, par le biais d’études sur le terrain, des indicateurs de qualité (présence de biodiversité, qualité fonctionnelle des sols) dans les zones pâturées par rapport aux zones non pâturées.   
  • Utilisation de l’IoT et de colliers GPS satellites pour collecter des données sur les habitudes de pâturage, alimentant la modélisation de stratégies de pâturage optimales, de programmes de gestion des troupeaux et de systèmes d’alerte précoce en cas de menaces. 
  • Formation de nouveaux bergers, avec des visites d’échange avec l’école professionnelle pour bergers de Triesdorf, en Allemagne. Une réunion internationale des bergers et éleveurs transhumants a été organisée afin de partager des expériences, et un plan de formation ainsi qu’un manuel pastoral ont été élaborés, comprenant des propositions pour un cadre de travail favorable à l’emploi des bergers. 

Les parties prenantes comprenaient des éleveurs et des bergers, de jeunes stagiaires, plusieurs fondations et instituts de recherche, des organismes de certification et des partenaires industriels. Les activités ont également mobilisé les autorités publiques et les propriétaires fonciers des territoires montagneux et de plaine. 

© Ovinnova

Des avancées entre emploi et formation

Ovinnova a renforcé les communautés montagnardes en rendant le pâturage transhumant plus viable et plus attractif, en créant 15 emplois de bergers (dont des femmes) et en formant 12 personnes, dont la moitié sont devenues bergers, remédiant ainsi à la pénurie de main-d’œuvre. Elle a amélioré la mobilité du bétail (en déplaçant 7 200 moutons des dehesas vers les pâturages de montagne), soutenu la conservation des habitats et mis en place des outils tels que la plateforme eTRASHUMA pour organiser les itinéraires et les pâturages. Ces actions contribuent à préserver la biodiversité, à soutenir les économies locales et devraient permettre de maintenir à long terme les traditions pastorales et les avantages écologiques dans les zones de montagne.